Voici ma réponse à un article qui m'a été transmis par un ami québécois (que je remercie!). L'article est copié à la suite de la réaction.. Il peut être lu d'abord pour mieux comprendre ma réponse. L'article en soi était une occasion d'aborder ce sujet, mais il me permet de répondre une bonne fois à tous les arguments du type « les femmes font de la politique autrement » et compagnie...
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« Que les femmes "prennent le pouvoir", c'est super parce que c'est moderne et qu'elles sont toutes gentilles ! »
Dans toute prise de pouvoir il y a collaboration de traîtres en tout genre... Je ne vois pas ce qu'il y a de « fascinant » à mettre les hommes complètement sur la touche... mais c'est à la mode, et certains hommes le prônent bien davantage que les femmes qui en majorité ne souhaitent pas que les femmes "prennent le pouvoir" mais le partagent avec les hommes.
Vieux complexes par rapport à Maman, symptômes de faiblesse de l'homme québécois typique après des décennies de soumission et de matriarcat (l'homme-enfant québécois)... Toujours est-il que pour faire la Révolution tranquille, 90% de Francophones s'opposaient à 10% d'anglophones. Ce qui n'est absolument pas la proportion hommes-femmes. Sauf si toutes les femmes (j'en doute) sont rejointes par 80% des hommes, heureux de redevenir des enfants jusqu'à la mort.
Que la Révolution tranquille ait été essentiellement le fait d'hommes n'est pas un hasard ; la plupart des changements radicaux ont été menés par des hommes, même dans des situations où les femmes étaient en mesure de le faire. Les femmes politiquement, sont plus conservatrices, et un grand nombre de femmes plus ou moins bigotes poussaient même de toutes leurs forces CONTRE la Révolution tranquille !
Si donner tout le pouvoir aux femmes suffisait pour vivre en harmonie ça se saurait. On retient peu de femmes dans l'histoire, mais parmi elles un nombre suffisamment élevé d'autocrates en tout genre absoulment dénuées d'empathie pour les milliers d'hommes (et de femmes) qu'elles ont conduit au suicide ou à la guerre, de la Russie à l'Angleterre. La France soi-disant machiste a connu plusieurs régentes (dont certaines prêtes à tuer leurs enfants pour régner), Mme Cresson qui était nullissime, Mme Aubry qui fait encore des siennes à Lille pour cause d'autocratie chronique, et bien d'autres dont les qualités ou les défauts n'ont rien de "féminin". À côté de cela, des femmes influentes ; Mme Veil, Mme Trautmann (ancien maire de Strasbourg et ministre), Mme Guigou, Mme Parisot (présidente du Medef), Mme Fontaine (ancienne présidente du Parlement européen), et j'en passe un paquet. Une grande majorité de femmes dans les tribunaux, dans les écoles (on connaît l'importance de l'éducation)... Et le pays soi-disant de la "misogynie politique crasse" est un des seuls pays du monde a avoir une femme pour ministre de la Défense, qui plus est de droite, et envoie désormais 47% de femmes aux élections régionales et municipales, ces dernières ayant une importance primordiale dans la vie des gens. Je n'ai pas l'impression que le pays aille mieux pour autant.
Tout cela est du mythe. Il y a des hommes de consensus et des femmes autoritaires, tout comme l'inverse. Nier cette réalité revient à catégoriser les gens et considérer les femmes comme génétiquement meilleures et surtout, les valeurs dites féminines comme meilleures. Au nom de quoi ? On se le demande... Quoi qu'il en soit, je vois encore une majorité d'hommes chez les entrepreneurs, et les femmes entrepreneures apprécient en général d'être entourées d'hommes. Je vois aussi une écrasante majorité d'hommes dans les partis politiques. Quant au style Ségolène, je ne vois pas ce qu'il a de féminin, à part son trip "famille" avec lequel on ne fait pas un programme. Je l'aime bien, mais je ne voterais pas pour elle parce qu'elle est une femme. Elle fait partie de ce genre de personnes qui va s'apitoyer sur le sort des veuves dont les maris ont été torturés et fusillés sans avoir une pensée pour ces derniers... Une femme c'est gentil, innocent, alors qu'un homme, s'il a été fusillé, il a bien dû le chercher !
Le monde musulman compte aussi des pays où les femmes ont une certaine importance et où on les respecte même sans leur donner de pouvoir politique. Il ressemble souvent à celui que nous connaissions il y a seulement quelques décennies, qui n'était quand même pas un enfer pour les femmes! Il faut arrêter de ne voir que l'Iran et les monarchies autoritaires. Même si les femmes sont opprimées dans bien trop de pays j'en suis conscient. Mais qu'on s'intéresse aussi au sort dans ces pays des hommes non-musulmans, des homosexuels (le plus souvent torturés - et/ou violés - avant d'être tués), des pauvres, etc. La misère et l'oppression sont partout, et limiter son étude et sa compassion aux femmes est complètement biaisé. Dans un pays libre et ouvert, les femmes se font une place. Tant que la plupart des hommes sont opprimés, les femmes le sont aussi.
La féminité n'a rien de moderne pour moi, elle a toujours fait partie du monde et le fait de la voir "prendre le pouvoir" n'a rien d'enthousiasmant. Ce serait le début non pas d'un repos du guerrier mais de bien des maux pour la société tout entière. Des hommes complètement perdus, sous-diplômés, inutiles (ou bons à faire des boulots pénibles que les femmes méprisent), déresponsabilisés. Une poussée de violence, sauf si on les endort bien avec la télé, l'alcool et le hockey comme au Québec, des suicides en masse, des célibataires par millions (les femmes cherchent quoi qu'on dise en majorité un homme plus âgé, plus grand et d'un statut social équivalent ou plus élevé... ce qui est impossible si on les met sur la touche dès l'école)
On s'indigne qu'il y ait des quotas officiels ou officieux d'hommes à l'entrée de telle ou telle école? Alors qu'on piaffe de joie quand on fait la même chose en faveur des femmes ! Mais on marche sur la tête ! Il est révélateur que peu de femmes auront cette réaction, alors que ces hommes sans aucune identité masculine sont contents de faire plaisir à Maman. Les femmes ont soi-disant « décidé » de prendre le pouvoir.. Ah bon ? Quelles femmes ? Malgré toutes les incitations et les précédents, cela ne se ressent pas du tout en France. Les femmes veulent s'impliquer, participer, mais pas nécessairement prendre le pouvoir. Alors arrêtons de faire de la caricature qui ne servira qu'à justifier un retour de bâton "masculiniste" quand les hommes (les vrais.. j'entends par là, ceux de la vraie vie, pas ceux des salons) auront saisi à quel point leurs semblables masculins veulent s'écraser devant les femmes, marquant par là leur faillite en tant que sexe, que genre, du style "Nous les hommes, on dépose le bilan et on vous laisse les clés du monde".
Que les femmes ne "prennent" donc pas le pouvoir, qu'elles le partagent et lui apportent ce qu'elles ont de mieux à apporter! C'est pas une bonne mixité qu'on avance, pas par le sectarisme féministe.
TMD.
PS: j'en profite pour saluer le livre d'Éric Zemmour, Le Premier sexe, dont je ne partage pas toutes les analyses et les conclusions, mais qui a le mérite d'amener un peu d'air frais dans la torpeur du politiquement correct français. Lecture conseillée ! :-).
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Le long repos du guerrier
Le siècle des femmes est commencé. Deux questions restent en suspens. À
quelle vitesse la prise de pouvoir se fera-t-elle en Occident? Et qu’en
dira Oussama?
par Jean-François Lisée
publié sur www.lactualite.com, le 12 mai 2006
Dans ce dossier…
· La voie Royal, 24h dans la vie de Ségolène Royal
· Sexe de misère, selon Carole Beaulieu
· Pauline à la plage, un entretien de Françoise Guénette
Début de la chronique de Lisée:
J’ai toujours été fasciné par un propos de la philosophe française
Elisabeth Badinter à propos de la volonté de puissance des femmes. Notant
que c’est seulement au cours du dernier siècle, des suffragettes à nos
jours, que les femmes ont revendiqué massivement et avec ténacité leurs
droits sociaux et politiques, elle s’est demandé pourquoi cela ne s’était
pas produit au siècle précédent, ou alors à celui d’avant, ou à l’autre
encore. Et elle a supposé qu’il y avait derrière cet éveil un long
mouvement de balancier, une sub-conscience collective. Il y eut un moment
où les femmes étaient prêtes à prendre le pouvoir et où le mouvement s’est
enclenché.
Ce sont en effet les sujets, pas les puissants, qui décident de la date de
la révolution. C’est vrai aussi pour les Québécois. Longtemps sous la
coupe du pouvoir économique et politique anglophone, c’est en 1960 qu’ils
ont collectivement dit : ça suffit ! Ils auraient pu le faire en 1920, ont
même tenté de le faire en 1936, si le mouvement n’avait pas été détourné
par Maurice Duplessis. Mais il a fallu la révolution tranquille, avec les
Lesage, Lévesque, Gérin-Lajoie et Kierans (entourés et aiguillonnés,
donnons tout le crédit, par les conseillers Claude Morin, Michel Bélanger,
Jacques Parizeau), pour que le Québec prenne le pouvoir. Notez : que des
hommes.
En 2006, la montée des femmes s’approche de ce que les sociologues
américains appellent le «tipping point», le moment où la somme des petits
changements précédents modifie suffisamment l’ensemble pour que le réel
bascule. Comme la dernière poussée d’un rocher que l’on pousse au sommet
d’une montagne. L’instant d’après, tout déboule. Je ne suis pas le seul à
le dire. Voyez cette citation : « le moment des femmes est venu. Non pas
pour les femmes, mais pour l'harmonie de la vie tout simplement et pour le
bonheur des hommes et des femmes. » Son auteur : Ségolène Royal.
L’affaire n’est pas que politique. Que dans des bureaux d’avocats, des
facultés américaines, les hommes aux tempes grises appliquent en douce un
quota minimum d’embauche ou d’inscription de jeunes hommes, pour contenir
l’écrasante majorité montante de diplômés féminins, est le signe du combat
d’arrière-garde masculin qui commence dans les lieux intermédiaires du
pouvoir. Les taux de décrochage des jeunes hommes, de suicide même, la
propension de l’industrie publicitaire – toujours à l’affût des tendances
– à dénigrer les hommes dans les publicités, la multiplication sur les
grands écrans ces temps-ci de superhéros féminins, le grand retour
spirituel de Marie-Madeleine, autant de signes de puissance féminine, de
déclin masculin. (Subliminalement, toutes les pubs de Viagra sont des
signaux que la virilité a besoin de béquilles. Rien de tel pour la force
féminine.)
Mais j’entends déjà mon amie Françoise David rugir : aux sommets du
pouvoir, là où les grandes décisions sont prises, nous sommes loin du
compte ! Certes, mais la distance pourrait être franchie plus vite qu’on
ne le croit, et je ne parle pas que de la nouvelle présidente chilienne.
Le chancelier allemand s’appelle désormais Angela. En France, pays de la
misogynie politique crasse, il est maintenant probable que Ségolène Royal
soit la candidate présidentielle socialiste – et qui sait ce qui se
passera au second tour des présidentielles, l’an prochain. Aux États-unis,
la chute de la maison Bush rend pour la première fois crédible l’élection
de Hillary Clinton. Faites le compte, cela ferait trois femmes au G7.
Juste pour ça, juste pour passer le «tipping point» et donner une majorité
féminine dans le lieu central du pouvoir mondial, on se prend à vouloir
que Belinda revienne sur sa décision… (Vous me direz, mais le Québec, qui
s’est privé de Pauline ? D’abord, ce n’est pas ma faute, j’ai voté pour
elle. Mais le Québec est distinct, nous passons directement au premier
ministre gai.)
Cette féminisation du pouvoir occidental aura cependant un impact immédiat
sur la principale ligne de fracture mondiale. Le monde musulman, qui
frémit à la vue de caricatures de Mahomet qui – pour nous, ne vont pas à
la cheville du piquant des dessins de Chapleau même lorsqu’il est très
fatigué – réagira bien mal à un Occident dirigé par des femmes dévoilées,
désinhibées, ambitieuses, puissantes, déterminées.
Le vrai clash des civilisations commencera-t-il là, avec l’irruption du
pouvoir occidental féminin, condition aggravante pour les mollahs et les
partisans d’Oussama ? Y aura-t-il plutôt un réveil des femmes musulmanes,
déplaçant la ligne de fracture vers l’intérieur des sociétés où règne
l’islam, provoquant une salutaire crise interne débouchant sur une réforme
et une modernisation?
Qui peut le dire ? Les femmes ont décidé de prendre le pouvoir. Elles sont
sur le point de le prendre. Ce sera fascinant, c’est sûr. Pour nous, les
hommes, commence le long repos du guerrier. Notre réveil sonnera, c’est
sûr. Rendez-vous dans quelques siècles.